Des réfugiés traqués à Bruxelles en collaboration avec une dictature.

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Début 1941, les allemands remanient l’administration belge et placent à certains postes-clefs des individus proches des thèses nazies issus du mouvement Rex ou du VNV. Gérard Romsée se voit ainsi confier le ministère de l’intérieur. Lui-même favorisera la nomination de bourgmestres pro-nazis, placera à la tête de la police un Emiel Van Coppenolle tout dévoué à l’occupant1. Le gouvernement en exil le dénonce mais aucune directive claire ou désaveu du Comité des Secrétaires-généraux ne verra le jour. Si bien qu’en 1942, l’administration belge n’est plus en mesure de refuser d’appliquer les directives percolant depuis la militärverwaltung. Elle mettra ainsi en place l’Office national du travail, prendra part aux werbestelles et se compromit ainsi dans la mise sur pied du STO. Parallèlement, en , l’occupant met en place l’Association des Juifs en Belgique (AJB), sorte de Judenrat, et lui impose, entre autres choses, de constituer des registres reprenant des listes familiales de l’ensemble des Juifs résidant sur le territoire. L’affiliation était payante et obligatoire. C’est également l’AJB qui enverra les 12 000 convocations pour le travail obligatoire (pour la déportation à Auschwitz en fait). Lorsque le nombre de personnes se présentant spontanément au Camp de regroupement de Malines diminua drastiquement, ils envoyèrent également des courriers de menace qui expliquaient les conséquences fâcheuses d’une non-présentation. Le , l’un des directeurs de l’AJB, Robert Holzinger, est tué par balle en rue et le bureau de l’AJB est incendié par la résistance juive. L’attentat fut revendiqué par le “Drapeau rouge” en ces termes: « Le chef de l’Association juive qui n’avait pas hésité à coopérer avec l’occupant pour martyriser ses concitoyens juifs a payé sa trahison. Un bras vengeur l’a abattu en rue. »2. En , certains membres de l’AJB prennent leurs distances avec celle-ci et participent à la fondation d’un organe clandestin de résistance: le Comité de défense des Juifs (CDJ). Ce comité œuvra pour aider les Juifs à prendre le parti de la clandestinité, à ne pas répondre aux demandes allemandes et participa au sauvetage de milliers d’enfants en les plaçant dans des familles d’accueil ou des institutions d’hébergement. Pour remplir cette mission, Le CDJ disposait de l’appui de l’Œuvre nationale de l’enfance et d’un important réseau catholique. En , trois résistants proches du CDJ et du Groupe G attaquent le Convoi n° 20 du 19 avril 1943. Le CDJ sera également à l’origine de la mission confiée à Victor Martin qui se rendit à Auschwitz sous couvert d’un voyage d’étude et revint en  avec des informations sans ambiguïté quant au sort réservé aux Convois de la déportation des Juifs de Belgique3.

http://nordpresse.be/adolf-hitler-a-assez-detre-compare-a-theo-francken/

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